Comment la psychothérapie peut-elle aider à transformer la souffrance psychique ?
Il est possible de continuer à travailler, à s’occuper de ses proches et à répondre « ça va », tout en portant intérieurement une souffrance devenue difficile à contenir. Elle peut se manifester par de l’anxiété, de la fatigue, des troubles du sommeil, des ruminations ou un sentiment d’impasse.
Parfois, la souffrance est clairement identifiée. Parfois, elle reste plus diffuse : on sent que quelque chose ne va pas sans parvenir à l’expliquer. Dans ces moments, la psychothérapie peut offrir un espace où ce qui est confus peut progressivement être mis en mots, pensé et compris.
Elle ne consiste pas à effacer toute douleur ni à promettre que « tout ira bien ». Elle peut aider à ne plus rester seul avec ce qui pèse, à repérer ce qui se répète et à retrouver une marge de liberté dans sa manière de vivre, de choisir et d’agir.
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ToggleQuand la souffrance devient difficile à mettre en mots
Certaines personnes ont appris très tôt à ne pas déranger, à rester fortes ou à garder pour elles ce qui leur arrive. D’autres ont grandi dans un environnement où les émotions étaient peu exprimées ou difficilement accueillies. Il peut aussi arriver qu’un événement de vie soit tellement déstabilisant qu’il soit, pendant un temps, difficile à penser ou à raconter.
La souffrance peut alors s’exprimer autrement que par les mots : dans le corps, les comportements, les relations ou la manière de penser. Elle peut prendre la forme d’une anxiété persistante, d’une fatigue inhabituelle, de difficultés à dormir, d’une irritabilité accrue, de tensions corporelles, de comportements répétitifs, de difficultés relationnelles ou d’un sentiment de vide.
Ces manifestations ne permettent pas, à elles seules, de déterminer l’origine d’une difficulté ou de poser un diagnostic. Elles peuvent avoir des causes multiples et s’inscrire dans des contextes très différents. Mais elles peuvent signaler que quelque chose mérite d’être entendu.
Lorsque la souffrance reste longtemps sans espace pour être pensée, la personne peut avoir le sentiment de subir ce qui lui arrive plutôt que de pouvoir agir sur sa situation. C’est parfois à ce moment qu’une consultation psychothérapeutique peut devenir une possibilité.
Parler sans devoir tout raconter
Commencer une psychothérapie peut susciter une inquiétude concrète : « Que vais-je devoir raconter ? » ou « Et si je ne sais pas quoi dire ? »
Il n’est pas nécessaire d’arriver en séance avec une histoire parfaitement organisée. Il n’est pas non plus nécessaire de tout raconter dès la première rencontre. La parole peut commencer très simplement :
- « Je ne vais pas bien sans vraiment savoir pourquoi. »
- « Je fais comme si tout allait bien, mais je suis épuisé. »
- « J’ai l’impression de toujours revenir au même problème. »
- « Je ne sais pas comment expliquer ce que je ressens. »
Ces premières phrases peuvent déjà constituer un point de départ.
La psychothérapie offre un cadre dans lequel ce qui est confus peut progressivement être précisé. Le rythme de la personne compte. Certaines choses peuvent être dites immédiatement, d’autres seulement après plusieurs séances, lorsque suffisamment de sécurité s’est installée.
Parler n’est donc pas une épreuve consistant à tout dévoiler. C’est un processus au cours duquel la personne peut apprendre à mettre des mots sur une expérience parfois difficile à comprendre elle-même.
Ce que la mise en mots peut transformer
Dire ce que l’on ressent ne fait pas automatiquement disparaître un symptôme. Pourtant, la mise en mots peut modifier la manière dont une expérience est vécue.
Une émotion difficile à identifier peut progressivement devenir plus précise : peur, colère, tristesse, honte, culpabilité, frustration, solitude ou sentiment d’impuissance. Cette différenciation peut aider à comprendre ce dont on a besoin et ce qui, dans une situation donnée, est réellement en jeu.
La parole permet également de prendre une certaine distance avec ce qui est vécu. Une pensée qui tourne sans cesse dans la tête peut devenir un sujet de réflexion lorsqu’elle est formulée devant quelqu’un. Il ne s’agit plus seulement de subir une expérience intérieure, mais de pouvoir commencer à l’observer, à la questionner et à lui donner du sens.
Une difficulté psychologique s’inscrit souvent dans une histoire et un contexte. Elle peut être influencée par les émotions, les pensées, les comportements, les relations et les événements de vie. La psychothérapie cherche moins à trouver immédiatement « la cause » qu’à comprendre comment différents éléments se combinent et entretiennent éventuellement une difficulté.
Comprendre les répétitions et le contexte
Il arrive que certaines situations semblent se répéter malgré la volonté consciente de faire autrement. Une personne peut avoir le sentiment de choisir régulièrement des relations dans lesquelles elle se sent peu considérée. Une autre peut se retrouver dans une position où elle prend trop de responsabilités. Une autre encore peut ressentir une forte culpabilité dès qu’elle pose une limite.
La psychothérapie peut permettre d’examiner ces répétitions sans chercher à désigner un responsable. Dans une approche psychodynamique, le travail peut notamment porter sur les conflits internes, les mécanismes de défense, les besoins affectifs, les représentations de soi et des autres ou certaines expériences relationnelles antérieures.
Cela ne signifie pas que tout problème actuel vient nécessairement de l’enfance. Les expériences précoces peuvent influencer certaines manières de percevoir les relations ou de réguler les émotions, mais elles ne déterminent pas mécaniquement le fonctionnement d’une personne adulte.
Les expériences présentes comptent également : relations actuelles, travail, événements de vie, environnement social, contraintes quotidiennes et ressources disponibles.
Une personne ne souffre jamais indépendamment de son contexte. Une surcharge professionnelle, une séparation, une maladie dans l’entourage, des difficultés familiales, l’isolement, une précarité financière ou un contexte relationnel conflictuel peuvent peser sur l’équilibre psychique.
Les normes sociales jouent aussi un rôle. Lorsqu’il existe une forte pression pour réussir, rester performant, être disponible ou donner l’impression que tout va bien, reconnaître sa vulnérabilité peut devenir difficile.
Une psychothérapie attentive au contexte ne cherche donc pas uniquement ce qui « ne va pas chez la personne ». Elle peut également interroger ce qui se passe autour d’elle. Cette perspective permet d’éviter une autre forme de culpabilité : croire que l’on serait entièrement responsable de son mal-être parce que l’on ne parvient pas à « gérer » correctement une situation particulièrement difficile.
La place de l’écoute thérapeutique
Lorsqu’une personne souffre, l’entourage cherche souvent naturellement à la rassurer :
- « Ne t’inquiète pas. »
- « Ça va passer. »
- « Tu verras, tout ira bien. »
Ces paroles peuvent être bien intentionnées. Mais lorsqu’elles arrivent trop rapidement, elles peuvent aussi donner le sentiment que ce que l’on ressent devrait déjà disparaître.
Le soutien des proches peut être précieux, mais il ne remplace pas toujours un espace thérapeutique. Un proche est affectivement impliqué, peut chercher à rassurer ou ne pas savoir comment accueillir ce qui est dit. Le cadre psychothérapeutique offre une relation différente : un espace consacré à ce que traverse la personne, dans lequel les difficultés peuvent être examinées sans que l’objectif soit de fournir immédiatement une solution.
L’écoute thérapeutique ne consiste pas à rester passif. Elle peut comporter des questions, des reformulations, des observations ou des hypothèses permettant de regarder autrement une situation.
Le thérapeute peut aider à repérer qu’une réaction actuelle se répète dans différentes relations, qu’une émotion est systématiquement évitée ou qu’une pensée critique envers soi-même revient dans de nombreux contextes. Ces observations ne constituent pas des vérités définitives. Elles servent de pistes que la personne peut accepter, nuancer ou remettre en question.
Accepter sa souffrance sans s’y résigner
Accepter une émotion ne signifie pas approuver une situation douloureuse ni renoncer à changer ce qui peut l’être. Il s’agit plutôt de reconnaître ce qui est présent, au lieu de consacrer toute son énergie à lutter contre le fait même de ressentir.
Une personne qui se dit constamment « je ne devrais pas être anxieuse », « je ne devrais pas être triste » ou « je devrais réussir à passer à autre chose » peut ajouter une seconde difficulté à la première : la souffrance liée au fait de souffrir.
Certaines approches, notamment l’ACT, accordent une place importante à cette distinction. L’objectif n’est pas de supprimer systématiquement les expériences émotionnelles difficiles, mais de développer davantage de souplesse dans la manière de les accueillir et d’agir en fonction de ce qui compte pour soi.
Dans une approche psychodynamique, le travail peut davantage porter sur les pensées, les comportements, les relations ou les conflits psychiques. Ces perspectives empruntent des chemins différents, mais peuvent avoir un objectif commun : aider la personne à comprendre ce qu’elle vit et à retrouver une plus grande liberté.
Retrouver une marge de choix
La souffrance peut progressivement donner le sentiment que tout est déterminé par ce que l’on ressent :
- « Je suis anxieux, donc je ne peux pas faire cela. »
- « Je fonctionne toujours comme ça. »
- « Je suis incapable de dire non. »
- « Je serai toujours comme ça. »
La psychothérapie peut aider à déplacer ces représentations. Il ne s’agit pas de prétendre que la personne contrôle tout ce qui lui arrive. Certaines circonstances échappent évidemment à sa volonté.
Mais comprendre ses réactions, identifier ses besoins, reconnaître ses limites et expérimenter d’autres manières d’agir peut permettre de retrouver une marge de choix.
Retrouver une position de sujet, c’est pouvoir se demander : « Que se passe-t-il en moi ? », « De quoi ai-je besoin ? » et « Quelle possibilité ai-je aujourd’hui ? » Il ne s’agit pas de tout contrôler, mais de pouvoir progressivement prendre part à ce qui arrive.
La relation thérapeutique
La transformation ne repose pas uniquement sur le contenu des paroles échangées. Elle se produit aussi dans la relation thérapeutique.
Être écouté avec sérieux peut permettre de faire une expérience différente de celle que l’on connaît habituellement. Une personne peut découvrir que ses émotions peuvent être exprimées sans être immédiatement rejetées, minimisées ou jugées. Elle peut également apprendre que ses contradictions peuvent être entendues sans devoir choisir immédiatement entre deux positions.
Cette expérience relationnelle peut avoir une valeur particulière lorsque les relations antérieures ou actuelles ont été marquées par l’insécurité, l’incompréhension ou la difficulté à poser des limites.
La relation thérapeutique n’a toutefois pas vocation à remplacer les autres relations. Elle constitue un cadre spécifique, avec des limites professionnelles, dans lequel la personne peut travailler sur son rapport à elle-même et aux autres.
Que peut-on travailler en psychothérapie ?
Le contenu d’une thérapie dépend de la personne, de sa demande, de son histoire et de l’approche du thérapeute. Selon les situations, le travail peut permettre de :
- mieux comprendre certaines réactions émotionnelles ;
- identifier des schémas répétitifs ;
- repérer des pensées qui entretiennent une difficulté ;
- différencier ce qui appartient au présent de ce qui semble réactivé par une expérience antérieure ;
- apprendre de nouvelles stratégies face à l’anxiété ou aux émotions difficiles ;
- travailler sur les relations et les limites ;
- retrouver davantage de souplesse ;
- construire un rapport plus apaisé à soi-même.
Le thérapeute ne « répare » pas une personne de l’extérieur. Le changement se construit avec elle, dans une relation de travail et de confiance. C’est pourquoi deux personnes présentant des difficultés qui semblent similaires peuvent avoir besoin d’un accompagnement très différent.
Quand envisager de consulter ?
Il n’existe pas de niveau universel de souffrance à partir duquel il faudrait obligatoirement consulter. Une démarche peut néanmoins être envisagée lorsque :
- la difficulté devient persistante ;
- le sommeil est durablement perturbé ;
- les relations ou la vie professionnelle commencent à en pâtir ;
- les pensées deviennent envahissantes ;
- les émotions semblent difficiles à réguler ;
- on ne parvient plus à retrouver seul un équilibre satisfaisant.
Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être « au plus mal » pour demander de l’aide. Consulter peut être une manière de prendre au sérieux une difficulté avant qu’elle n’occupe davantage de place.
Une première rencontre permet de présenter sa situation et de déterminer si le cadre proposé correspond à ce que l’on recherche. Une psychothérapie repose notamment sur la qualité de la relation, la confiance et la possibilité de parler suffisamment librement.
Si vous recherchez une psychothérapie à Paris 17, cette première rencontre peut également vous permettre de découvrir le cadre proposé au cabinet et de vérifier s’il correspond à votre demande.
Transformer la souffrance plutôt que l’effacer
La souffrance psychique ne se transforme pas toujours rapidement. Certaines difficultés demandent du temps, certaines situations ne peuvent pas être changées immédiatement et certaines blessures continuent à produire des émotions douloureuses.
L’objectif d’une psychothérapie n’est donc pas nécessairement de parvenir à une existence sans tristesse, sans peur ou sans doute. Il peut s’agir de ne plus être entièrement défini par ce que l’on ressent.
Une souffrance qui semblait incompréhensible peut devenir plus lisible. Une réaction automatique peut devenir quelque chose que l’on peut observer. Une répétition peut être repérée. Une émotion peut être reconnue plutôt que combattue systématiquement. Une relation peut être envisagée autrement.
C’est peut-être là l’un des sens importants du mot « transformation » : non pas effacer ce qui a été vécu, mais pouvoir établir avec son histoire, ses émotions et ses difficultés une relation différente.
Donner une place à ce qui fait souffrir
La souffrance ne disparaît pas simplement parce qu’on cesse de la regarder. Elle peut commencer à se transformer lorsqu’elle trouve un espace où elle peut être accueillie, mise en mots et pensée avec quelqu’un.
Parler ne signifie pas tout raconter immédiatement. Consulter ne signifie pas être incapable de faire face. Et accepter une souffrance ne signifie pas s’y résigner.
La psychothérapie peut offrir un cadre pour comprendre ce qui se joue, repérer certaines répétitions, mettre en lumière des besoins ou des conflits, retrouver une capacité de réflexion et expérimenter progressivement d’autres manières d’être en relation avec soi-même et avec les autres.
Le changement n’est pas toujours spectaculaire. Il peut commencer par une phrase simple :
« Je ne sais pas exactement ce qui m’arrive, mais j’ai besoin d’en parler. »
Si vous avez le sentiment de porter seul une souffrance devenue trop présente, une première consultation peut permettre d’échanger sur votre situation et de voir si le cadre proposé vous convient.
Vous pouvez consulter les modalités d’accompagnement au cabinet, à Paris 17, ou prendre rendez-vous.
Pour aller plus loin
- Qu’est-ce qui est le plus difficile à porter pour vous aujourd’hui ?
- Que vous est-il difficile de mettre en mots ou de partager avec votre entourage ?
- Qu’aimeriez-vous comprendre ou changer dans ce que vous vivez ?
Votre expérience mérite d’être entendue. Mettre des mots sur ce que vous traversez peut déjà constituer une première manière de ne plus rester seul avec votre souffrance.
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